Echographie : comment différencier fille ou garçon ?

Article écrit par Dr Dragana Angelov Isak, gynécologue obstétricien au Centre Hospitalier d’Aubagne Edmond Garcin

 

Vous avez eu votre première échographie, dite de datation, ou elle est bientôt prévue et vous vous demandez s’il est déjà possible de savoir s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon ? On fait un point complet sur ce qui est visible sur l’échographie du premier trimestre, et ce qui sera beaucoup plus clair lors de la deuxième échographie, dite morphologique.

Un peu de biologie génétique pour commencer

Dans l’espèce humaine chaque cellule contient dans son noyau 46 chromosomes regroupés par paires, soit 23 paires. Les 22 paires ont deux chromosomes identiques et la 23ème paire qui détermine le sexe de l’individu contient XX chez la femme ou XY chez l’homme.

L’ovule et le spermatozoïde ne contiennent que 23 chromosomes chacun et pas 46. C’est l’association des deux qui va, au moment de la fécondation, regrouper les 46 chromosomes en paire. L’ovule comporte toujours sur son 23ème chromosome un X. Le spermatozoïde contient de son côté soit un X soit un Y sur son 23ème chromosome. La rencontre du chromosome X de la femme avec le chromosome X de l’homme donne la naissance d’une fille et la rencontre avec le chromosome Y de l’homme la naissance d’un garçon.

C’est bien le hasard qui va déterminer les choses.

La nature est faite pour donner naissance à un peu plus de garçons que de filles : 105 garçons pour 100 filles. Mais les bébés garçons sont plus à risque de mort subite de nourrisson que les bébés filles et les hommes ont une espérance de vie plus faible que les femmes. Par cet équilibre naturel, il y a autant de femmes que d’hommes sur Terre.

Concernant la grossesse gémellaire il faut se rappeler que dans 25% de ces grossesses il s’agit de vrais jumeaux provenant d’un seul œuf divisé très tôt dont le sexe est forcément identique. Dans les autres cas, le sexe peut être le même ou différent car les jumeaux proviennent de la fécondation de deux ovocytes et deux spermatozoïdes porteurs d’un chromosome X ou Y.

fille ou garçon

Les techniques de grand-mères

Depuis la nuit des temps ce sujet anime chaque femme enceinte. Avant la découverte des ultra-sons et l’essor de l’échographie obstétricale moderne avec des images donnant une résolution de plus en plus précise, les méthodes des « grand-mères » prenaient toute la place dans les discussions autour du sujet.

Si le ventre est rond et bas, si votre ligne brune dépasse le nombril, que votre urine est jaune foncé, si vous avez des envies de sucré et que vous mangez des produits laitiers dans les mêmes proportions qu’avant être enceinte, c’est que vous portez probablement une petite fille.

Si votre ventre est haut et pointu, si vos mamelons sont de couleur foncée, si vos urines sont de couleur jaune pâle, si vous avez des envies de salé et que vous consommez plus de produits laitiers qu’à l’accoutumé, c’est que vous portez sûrement un petit garçon.

Aujourd’hui, des méthodes médicales ont pris le relais de ces petites techniques. Nous pouvons désormais connaître le sexe de bébé avec certitude avant la naissance de l’enfant.

Quels sont les examens d’une bien plus grande valeur prédictive ?

Le prélèvement

La biopsie du trophoblaste ou le prélèvement du liquide amniotique (amniocentèse) permettent l’établissement du caryotype du futur enfant qui est de formule 46XX pour une fille et 46XY pour un garçon. Le diagnostic est fiable, mais ces prélèvements ne sont réalisés qu’en cas d’un diagnostic prénatal pour suspicion d’une anomalie chromosomique ou en cas de nécessité de connaître le sexe de l’enfant au plus tôt avant sa naissance notamment dans les cas d’antécédents d’une hérédité liée au chromosome X.

Dans le même but, la recherche des anomalies génique et cytogénétiques héréditaires peut se faire sur les embryons obtenus par la FIV avant leur transfert dans le cadre du diagnostic préimplantatoire.

L’échographie du premier trimestre

L’échographie est la méthode la plus accessible, non invasive et bien prédictive pour connaître le sexe de votre futur enfant.

Les futurs parents posent en général la question du sexe de l’enfant dès l’échographie du premier trimestre. Effectivement, l’échographiste peut visualiser le bourgeon (tubercule) génital de l’embryon sur le cliché du profil de l’embryon. C’est d’ailleurs ce cliché qui est aussi utilisé pour la mesure de la longueur de l’embryon et la clarté nucale.

Le bourgeon génital orienté vers le bas, avec un angle inférieur à 30° par rapport au plan cutané du dos est, en général, en faveur d’un embryon de sexe féminin.

Le bourgeon génital orienté vers le haut avec un angle supérieur à 30° est, en général, en faveur d’un embryon du sexe masculin.

Il est donc possible de se donner une idée sur le sexe du bébé dès la première échographie mais l’échographiste préfère parfois s’abstenir de tout pronostic devant une image de mauvaise qualité qui dépend fortement de la position de l’embryon et du passage des ultra-sons par la paroi de votre ventre.

Le passage des ultra-sons peut être gêné par une couche de graisse plus ou moins épaisse au niveau de la paroi abdominale ou par de la crème anti-vergetures. Dans ces cas-là il faut attendre l’échographie du deuxième trimestre pour le diagnostic beaucoup plus sûr du sexe de votre bébé.

En pratique, au cours de votre consultation à 16-17 SA votre sage-femme ou le gynécologue peut avoir la possibilité de « jeter un coup d’œil » dans une salle de consultation équipée d’un appareil d’échographie. Vous n’aurez ainsi pas forcément à attendre l’échographie morphologique du deuxième trimestre. Cette petite échographie n’est pas « officielle » mais elle est souvent acceptée par le praticien.

Les échographies du deuxième et troisième trimestre 

L’étude du sexe fœtale fait partie de l’examen qui a lieu lors de l’échographie du deuxième trimestre, dite morphologique. Le sexe féminin présente alors les deux bourrelets des grandes lèvres et le sexe masculin la verge et les bourses.

L’établissement du sexe se fait donc avec quasi-certitude.

Lors de l’échographie du troisième trimestre, l’image peut être plus nette pour la petite fille et, pour le petit garçon, les testicules peuvent être visualisés dans les bourses.

L’envie de connaître le sexe de bébé

Il faut bien comprendre que l’échographie du premier trimestre peut donner une idée mais n’apporte pas une réponse définitive sur le sexe de bébé. Il ne faut donc pas trop s’attacher aux découvertes de cette échographie car une forme de « déception » peut arriver dans le cas où la deuxième échographie montrerait, avec certitude, un enfant de sexe opposé aux indications données lors de la première échographie. La prudence est donc de mise.

Si vous souhaitez connaitre le sexe de bébé avant l’accouchement mais pas forcément durant l’examen réalisé lors de la deuxième échographie, vous pouvez tout à fait demander à placer la photo de l’échographie où l’on voit clairement le sexe de bébé dans une enveloppe fermée. Vous pourrez ainsi l’ouvrir au moment qui vous convient le mieux (par exemple lors d’une baby shower).

Pour les parents qui préfèrent attendre de connaître le sexe de leur enfant afin d’avoir la surprise à sa naissance, il est conseillé de le dire avant chaque examen échographique pour que l’image soit bien cachée.

 

Fille ou garçon, l’émotion sera au rendez-vous smiley