38 semaines de grossesse : guide d’un gynéco

Enceinte de 38 semaines, vous êtes bientôt au terme de votre grossesse et il est possible que vous accouchiez cette semaine. Le jour J est un moment unique qui marque la fin d'une parenthèse de 9 mois de grossesse et le début d'une grande aventure qu'est la parentalité.

38 semaines de grossesse en mois

A 38 semaines de grossesse soit 40 semaines d’aménorrhée (40ème semaine depuis le premier jour de vos dernières règles ou 40 SA), vous êtes à la fin de votre neuvième mois.

Quel mois de grossesse ? Neuvième mois sur neuf mois

Quel trimestre de grossesse ? Troisième trimestre

Combien de semaines de grossesse reste-il jusqu’au terme de la grossesse ? 1 semaine

 

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Grossesse semaine par semaine : l’adaptation de bébé à l’air libre

Jusqu’à présent, c’est le placenta qui faisait office de poumon, de tube digestif et de rein. Si vous bébé né au cours de la 38ème semaine de gestation, plusieurs changements ont lieu pour lui permettre de s’adapter à la vie aérienne. Ceux au niveau du poumon et du cœur sont immédiats tandis que d’autres au niveau digestif, rénal ou thermique s’effectuent sur plusieurs jours.

Lors de la première inspiration, les alvéoles recouvertes de surfactant qui les maintient ouvertes se retrouvent en contact avec l’air pour permettre les échanges gazeux avec le sang. Lors de l’expiration, la pression de l’air chasse le liquide amniotique résiduel à l’intérieur des poumons. Celui-ci a déjà été éliminé une première fois au moment de l’expulsion qui comprime le thorax. Les cycles respiratoires se succèdent alors. En cas de césarienne, le bébé peut rencontrer des difficultés à résorber le liquide amniotique et nécessiter des soins spécifiques.

Le trou de Botal, soit l’ouverture qui fait communiquer les deux oreillettes du cœur, se ferme au moment du premier cri entraînant le cloisonnement définitif des cavités cardiaques et l’établissement d’une circulation sanguine entre le cœur et les poumons. Le cœur bat entre 120 et 140 battements par minute.

Le foie cesse de participer à la fabrication des cellules sanguines, cette fonction étant maintenant uniquement assurée par la moelle osseuse.

Le méconium qui s’était accumulé dans l’intestin va être éliminé marquant le début de la fonction excrétoire du tube digestif.

Le système urinaire, déjà pleinement fonctionnel, continue son travail de filtration et d’excrétion.

Le système nerveux s’est beaucoup développé et pèse à la naissance autour de 340 g, soit un dixième du poids de bébé. Mais il est loin d’avoir terminé sa croissance et la multiplication des stimulations extérieurs qu’elles soit motrices, sensorielles, affectives ou psychosociales va favoriser l’établissement de connexions neuronales de plus en plus riche au cours des premières années de vie.

Les sens de bébé vont progressivement s’affiner. Dès la naissance, l’audition et le toucher sont fonctionnels mais l’odorat, le goût et la vision vont progressivement se perfectionner. 

Le squelette va poursuivre son long processus de croissance et d’ossification. Avec le développement de la commande motrice, les mouvements deviendront au fil du temps de plus en plus volontaires et coordonnés.

Taille et poids du futur bébé à 38 semaines de grossesse

Au cours de la 38ème semaine de grossesse (40 SA), le fœtus mesure environ 50 cm de la tête aux talons.

Le poids du futur bébé est d’environ 3,3 kg et son diamètre crânien 9,5 cm.

Le jour J 

Les contractions commencent à être plus régulière et plus douloureuses ? Il est temps de se rendre à la maternité.

Contractions accouchement

A votre arrivée à la maternité ou dans une maison de naissance, c’est une sage-femme qui ne vous connaît pas forcément qui vous recevra. Elle commencera par prendre connaissance de votre dossier médical et vous posera quelques questions sur vos antécédents et les signes qui vous ont conduit à vous rendre à la maternité : contractions utérines, perte de liquide amniotique, saignements, baisse des mouvements fœtaux, fièvre.

Elle procédera ensuite à un examen clinique afin de déterminer si le travail a démarré ou non et quelle est son avancée. L’examen comprend :

- un monitoring pour apprécier la fréquence et la régularité des contractions utérines et le rythme cardiaque fœtal

- un toucher vaginal pour apprécier l’état du col de l’utérus et de la poche des eaux. En cas de doute sur la rupture de la poche des eaux, le test biologique de détection du liquide amniotique dans les pertes vaginales sera effectué.

Si le travail a démarré, c’est-à-dire que le col a commencé à s’effacer et à s’ouvrir sous l’effet de contractions de plus en plus fréquentes, douloureuses et rapprochées, vous serez hospitalisée.

On distingue 3 stades de travail d’une durée totale de 12 heures environ pour un premier enfant et de 8 heures sinon.

Stade 1 : la dilatation du col

La dilatation du col comprend une phase de latence de 0 à 5 cm pouvant durer plusieurs heures et une phase active de 5 à 10 cm plus rapide. Le col se dilate en moyenne d’un cm par heure pour une première grossesse, de 2 cm pour les grossesses suivantes. Un toucher vaginal est pratiqué à intervalles réguliers d’une à deux heures pour surveiller l’évolution du travail. La dilatation est considérée comme complète à 10 cm.

Dilatation du col

Pour vous soulager pendant ce stade, vous pouvez utiliser un ballon de gymnastique (la plupart des maternités en sont équipées), vous allonger sur le côté ou le dos en essayant de trouver la position la plus confortable pour vous ou bien utiliser d’autres équipements en fonction de ce qui est disponible (baignoire si la poche des eaux ne s’est pas encore rompue, chaises d’étirement, galettes, suspension).

La poche des eaux peut être rompue artificiellement par la sage-femme en cas de stagnation de la dilatation du col ou avant le stade de descente et d’expulsion si elle n’a pas encore été rompue.

Tout au long du travail, le monitoring permet de surveiller le rythme cardiaque de l’enfant et de contrôler la durée et l’intensité des contractions de la future maman. La pose d’une perfusion n’est pas systématique. Elle est préconisée pour vous hydrater, administrer du sucre ou des médicaments si besoin. Elle est nécessaire en cas d’anesthésie péridurale et dans certains cas particuliers comme la présence du Streptocoque B pour permettre l’administration d’antibiotiques.

Stade 2 : la descente et l’expulsion

La phase de descente du bébé commence à la dilation complète et dure en moyenne deux heures. C’est la phase la plus intense et douloureuse.

Ne commencez pas à pousser tout de suite, laissez les contractions faire descendre au maximum votre bébé afin de réduire le temps de vos efforts de poussée. L’équipe médicale vous indiquera s’il faut adopter certaines positions pour faciliter la descente du bébé dans le bassin. Si la tête franchi l’orifice supérieur du bassin, il y a engagement et l’accouchement par voie basse est possible.

La sage-femme ou le gynécologue obstétricien vous indiquerons quand il faut commencer à pousser en fonction de la descente de la tête et de votre ressenti. La phase d’expulsion commence. Vous pourrez alors mettre en pratique les techniques de poussée apprises lors des séances de préparation à l’accouchement : poussée en apnée, la plus facile à mettre en œuvre, ou poussée par expiration contrôlée. Dans les deux cas, la poussée se fait en même temps que la contraction. Dès que celle-ci survient, inspirez profondément puis poussez de toutes vos forces. Il est possible de pousser deux ou trois fois sur une même contraction. C’est l’idéal car avant que le crâne passe sous le pubis, bébé recule lorsque vous arrêtez de pousser. Il est donc important de prolonger l’effort de poussée sur une contraction le plus longtemps possible. Bébé avancera ainsi plus qu’il ne recule. Entre chaque contraction, relâchez tous les muscles et détendez-vous au maximum pour récupérer.

La durée de cette phase d’expulsion est de 30 à 45 minutes environ mais reste très variable d’une femme enceinte à l’autre. Elle dépend beaucoup du nombre de grossesses, de la position du bébé et de l’efficacité des poussées. Pour une première grossesse, la progression de chaque poussée se fait millimètre par millimètre. Les premières poussées ne sont en général pas très efficaces. Si bébé se présente dos en arrière ou s’il c’est un gros gabarit, l’effort expulsif nécessaire à sa descente sera plus important.

Concernant les positions pendant la phase d’expulsion, il en existe plusieurs. La plus répandue est la position gynécologique c’est-à-dire couchée sur le dos et jambes écartées positionnées sur les étriers. Il existe d’autres positions sur le côté ou à quatre pattes par exemple.

Dans les cas où le monitoring montre un ralentissement du rythme cardiaque de l’enfant ou que les poussées ne sont plus efficaces, l’équipe médical pourra intervenir pour faciliter la sortie du bébé à l’aide de forceps (deux cuillères reliées entre elles et placées de chaque côté de la tête), spatules (deux cuillères indépendantes et placées de chaque côté de la tête) ou ventouse (aspiration douce de la tête).              

Dans le cas où il y a un risque de déchirure important, en cas d’antécédents de déchirures graves, de manœuvres obstétricales ou de l’utilisation de forceps ou spatules, une épisiotomie peut être nécessaire. Elle est aujourd’hui de moins en moins fréquente et n’est pas systématique, même en cas de présentation en siège.

Quand la tête de l’enfant arrive enfin au niveau de la vulve, écoutez attentivement les indications de la sage-femme. Il ne faut pas trop pousser au risque d’une déchirure. De même pour la sortie des épaules. Pour le reste du corps, il n’y a aucune difficulté.

Vous attendrez le premier cri de votre bébé et la sage-femme proposera au papa de couper le cordon ombilical s’il le souhaite. Vous ou le papa pourrez garder votre enfant en peau à peau.  

38 semaines de grossesse

Stade 3 : la délivrance

La délivrance correspond à l’expulsion des annexes fœtales (placenta et membranes) sous l’influence des contractions utérines. Elle dure 30 minutes sans dépasser 60 minutes. Il est possible que l’on vous demande de pousser pour aider à la sortie du placenta. La sage-femme prendra le temps de s’assurer que la vacuité utérine est complète afin d’éviter tout risque d’hémorragie.

S’il n’y a pas de décollement au bout de 30 à 45 minutes, la délivrance se fera de manière artificielle. La sage-femme introduira une première fois la main dans la cavité utérine par voie vaginale pour retirer les annexes fœtales puis une seconde fois pour s’assurer qu’il ne reste rien. Une injection d’ocytocine permettra ensuite de faire contracter l’utérus.

En cas de déchirure ou d’épisiotomie, une suture sera réalisée. 

Vous resterez ensuite en salle d’accouchement pendant 2h pour une surveillance : contrôle des paramètres vitaux, de l’involution utérine (diminution du volume de l’utérus) et des saignements. Un examen clinique sur une table chauffante sera effectué au nouveau-né et comprend :

- une évaluation de la vitalité selon le score d’Apgar qui comporte 5 critères notés de 0 à 2 (couleur, respiration, tonus, réflexes, cœur) à 1, 5 et 10 minutes de vie. Si le score est supérieur à 7, bébé va bien, sinon une prise en charge adaptée est nécessaire.

- un contrôle des réflexes archaïques : réflexe d’agrippement (bébé ferme les poings autour des doigts), réflexe de Moro (bébé écarte les bras et les mains lorsqu’il est soulevé de quelques centimètres puis qu’il retombe sur la table), réflexe de la marche et le réflexe de succion.

- une stimulation aux points cardinaux

- la prise des mensurations : poids, taille et périmètre crânien

- les premiers soins : soin du cordon, instillation de collyre ophtalmique pour prévenir le risque infectieux, administration d’une dose de vitamine K.

La sage-femme habillera ensuite bébé avec la tenue que vous aurez préparé et vous pourrez lui donner son premier repas, au sein ou au biberon.

La césarienne en urgence

Au cours du travail, une césarienne en urgence peut être nécessaire en cas de ralentissement du rythme cardiaque du bébé et si l’accouchement par voie basse n’est pas imminent, de stagnation de la dilatation du col, de non-engagement du bébé dans le bassin à dilatation complète, de procidence du cordon ombilical ou d’une complication maternelle (hémorragie massive, rupture utérine, etc.). La probabilité d’une césarienne est plus forte en cas de présentation en siège que d’un bébé tête en bas. 

Si une anesthésie péridurale a déjà été posée, une dose complémentaire sera administrée. En l’absence d’anesthésie, l’anesthésiste fera une rachianesthésie qui permet d’anesthésier plus rapidement qu’une péridurale. Dans certaines circonstances, notamment si la césarienne est faite en raison des anomalies du monitoring du bébé, il sera d’abord pris en charge par une sage-femme ou un pédiatre. Vous pourrez le voir dans un second temps.

Vous serez amenée en salle de réveil pour une surveillance de 2h. La sonde urinaire placée dans la vessie sera retirée dans les heures qui suivent. Vous pourrez ensuite vous lever si vous le souhaitez et mangez 6h après l’intervention.

La cicatrice d’une dizaine de centimètre est dissimulée par les poils et de ce fait peu visible.

Une césarienne en urgence peut également être pratiquée en dehors du travail dans le cas ou la poursuite de la grossesse fait prendre un risque à la mère ou au bébé : hypertension artérielle sévère, hémorragie, décollement prématuré du placenta, suspicion de souffrance fœtale ou retard de croissance in utero.

Enceinte de 38 semaines : conseils à cette étape de la grossesse

Voici quelques conseils pour soulager et gérer la douleur le jour J tout en sachant que chaque femme possède un seuil de tolérance différent.

En début de travail, essayez de vous détendre au maximum car le travail va durer plusieurs heures au cours desquelles les contractions seront de plus en plus rapprochées, douloureuses et par conséquent fatigantes. Pour cela, vous pouvez :

- effectuer, entre les contractions, les exercices de respiration appris lors des séances de préparation à l’accouchement : l’expiration doit être plus longue que l’inspiration

- écouter de la musique

- visualiser une image apaisante, il y en a parfois d’affichées sur les murs de la salle d’accouchement

- prendre un bain si l’établissement que vous avez choisi est équipé d’une baignoire et que la poche des eaux n’est pas encore rompue, cela favorise la détente

- l’hypnose ou l’acupuncture peuvent également aider.

Si les contractions deviennent trop douloureuses, plusieurs alternatives médicales sont possibles :

- la pose d’une analgésie péridurale : environ 80% des femmes enceintes y ont recours en France. Il s’agit d’une anesthésie locorégionale qui permet d’atténuer considérablement la douleur sans supprimer toutes les sensations. Elle est réalisée par un anesthésiste en position assise en dos rond ou couchée en chien de fusil. Une première piqûre est faite pour anesthésier la zone et une deuxième pour introduire l’aiguille de la péridurale. Celle-ci permet de passer un cathéter qui restera en place durant tout l’accouchement et via lequel sera administré l’anesthésique. Certains établissements proposent différents types de péridurales : la péridurale autogérée qui permet à la future maman de contrôler les doses injectées en fonction de la douleur ressentie ou la péridurale déambulatoire qui permet de marcher pendant le travail. La péridurale est très conseillée en cas de présentation du siège.

- l’inhalation via un masque de protoxyde d’azote, un gaz qui permet de calmer la douleur sans effets indésirables sur les contractions ou le bébé. Le soulagement n’est toutefois pas aussi important qu’avec une péridurale.

- l’administration de médicaments contre la douleur (morphiniques) par perfusion.

Au cours de la phase d’expulsion :

- concentrez-vous sur vos poussées pour qu’elles soient le plus efficaces possibles, cela vous aidera à ne pas vous laisser envahir par la douleur

- ne contractez pas votre périnée malgré la douleur, au contraire, accueillez la douleur en relâchant le périnée au maximum pour faciliter le passage du bébé.  

Séjour à la maternité

A partir de maintenant, vous et votre bébé allez séjourner quelques jours à la maternité. Pour tout savoir sur cette partie, n’hésitez pas à consulter l’article dédié à la 39ème semaine.

Calendrier de grossesse : to-do list du suivi de grossesse

Si vous venez d’accoucher, reposez-vous, vous l’avez bien mérité !

 

Article écrit par Dr Dragana Angelov Isak, gynécologue obstétricien au Centre Hospitalier d’Aubagne Edmond Garcin, illustré par Pierre Del Aguila, Masseur-Kinésithérapeute DE, Ostéopathe D.O., Enseignant en Thérapie Manuelle et papa artiste